Métamorphose

14 août 2019

Blue Gin, Poésies

Mélancolique, un train fou s’enfilait dans la poche de mon pantalon. Sur les rails, un tunnel indélébile effeuillait une marguerite noire.

 

Profonde

était la nuit.

 

Sans lune. Sans astre. Sans bémol fat à coller contre le portière.

 

A l’horizon

on n’entendait que du feu

 

Du blanc

Du bleu

Du rouge

 

On n’entendait que le feu de l’automne qui s’emmêlait les cheveux dans la pitance du soleil. Pâle, la planète ricochait sur les feux follets d’une lointaine fête.

 

Lentement

la nuit s’irisait

 

Elle plongeait son marasme dans l’imagination subtile d’un énorme pot de terre mauve.

 

La vallée s’enivrait de lendemain futile…

 

La nuit était d’armoise au fond de ses chaussures. Dans son lit de sentences, elle songeait à demain

qui viendrait la border

C’est la vie, disait-elle.

C’est la vie qui s’accroche aux ridelles du voyage. Elle arpente le ciel dans l’aube vaginale de la folie féconde.

Elle vient

Elle renaît aux sabots à demi-crottés d’une fillasse quinquagénaire. Elle roue de ses mille fardeaux la lourde promiscuité de l’absente raison.

 

C’est le feu !

 

C’est le feu qui gagne !

 

Il partage le temps en ossements desséchés dans le fond du tiroir. Il implore un simple crucifix pour dresser la moisson qui s’installe au désert.

 

Le bleu !

Le bleu s’irrite de raison dans le bain de l’inoxydable !

 

Equinoxes vantardes

Poussez donc le néant dans le bol de faïence.

Echafaudez sans passion des plaintes formatives dans le regard de la frêle comète. Aux barbares impies, vendez sans scrupule la fausse mélopée qui résonne à vos bouteilles.

 

L’Alcool !

 

L’Alcool en feu !

 

L’Alcool ! en liesse !

 

L’Alcool …

 

Ivre

je somnole au parvis de votre bienséance. Je culbute au-delà de la sclérose éternelle d’une mouche puante. Je m’enchante du venin de plastique planté sur la morte saison.

 

Je renâcle !

 

Je respire !

 

Et puis,

je m’insinue dans vos poches sournoises.

 

Je vindicte !

 

Je vindicte et je pacifise !

 

Vaincu,

je m’écrase aux carreaux violets de cette insigne sage-femme. Je ressuscite encore à vos pâles secondes. J’oblige le foetus à porter le cheval…

 

Fardeau ! triste réverbère de la folie humaine !

 

Vaine descendance tournoyant au néant !

 

Solides enfantillages dans un bidon de verre !

 

Je t’éteindrai encore,

Passion difforme et calcinée dans la poêle aux châtaignes !

Il restera des trous, béants, à la porte fendue. La clé, dans le fourreau, débloquera le temps.

 

Bernique !

 

Bernique à tous ceux-là qu’apportent les flocons !

 

Le froid !

 

Le froid s’en vient,

sur l’abrupte pâmoison du chêne vermoulu.

 

Il y aura la mort.

 

Il y aura le gel sur vos pieds violacés.

 

Vos paupières solides fourmilleront de benzène.

 

Alors,

Alors éclora la sourde platitude :

celle des mots oubliés sur le dos de la femme.

 

Damnation !

 

Damnation assonante !

 

Damnation verticale !

 

Verdict autoritaire sur l’effort de l’Amour !

 

Et vous,

pythons piteux,

dressez à l’au-delà vos frontières vénales ! Absorbez le Q.I. dans les gaz et l’asphalte !

 

LE DIEU,

celui d’en haut,

sur matelas de soie,

engendre des métros dans le fond de la bouche…

 

Votre gorge,

Ma Dame,

Absinthe démoniaque,

reliera le présent à mes dessous de table.

 

J’annonce la colère sur les décombres calcinés !

 

J’annonce la fureur sur l’ocre de la page !

 

Que virevolte l’audace aux chaluts emportés !

 

Lames intolérantes,

Choyez votre maîtresse :

les nattes d’ici bas tirent des fils secrets…

 

Dans le fond de vos bottes se hasarde l’ennui. Il bâille et se remet de ses vertes années…

 

Années

Le Temps qui passe sur le bûcher maudit. Et Jeanne, à l’hameçon, crépite de vos voix !

 

Hallali !

 

Haro !

 

Sur le sud empourpré…

 

Je reviens au pays pour de basses besognes. J’irise le chapeau de ma jeunesse torse et je jette aux corbeaux les miettes de l’adultère.

 

Je flotte sur l’instant comme un marmot qui piaille. Je prête l’absolu pour un tour de carrosse. Je bêle à l’unisson vos fourbes tromperies . J’éructe le pardon de ce bouge endormi.

 

Sottes fadaises !

 

Verticales semaines !

 

Jouez dans le jardin de mes frêles pensées. Je viens par le retard dans le bec de l’aurore. Je meurs, dans l’ouate sombre, de vos regards muets.

 

Rompez,

Rompez le pain de vos sottes malices. J’irai, à vos saisons, troquer la mandarine. Je vendrai, pour l’été, mes bottes à ce lutin. Je jouerai, dans le pré, de l’astre et du raisin.

 

Venez,

Mais venez donc et nous chevaucherons. Nous irons vers le Sud, sans seuil, sans déraison…

 

Mais,

je ferre tant de pluie

j’appâte tant d’orages

que le concert de l’aube lacère mon chemin…

 

Je règne

et je rengaine mes sottes illusions

 

J’habite à la Passion :

qu’on sonne

et je réponds.

 

Je rêve

dans la lumière

à de douces paupières.

 

Je plonge dans l’horreur de vos boîtes à chaussons…

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