Monologue du bûcheron

29 janvier 2021

Nuances, Poésies

Effilée, la lame horizontale d’un nuage égaré, viendra tout à l’heure fendre l’âme ligneuse du vent au-dessus de la forêt. Imperturbable, elle débitera les heures qui nous séparent du point du jour, en tronçons de soixante minutes chacun, tous concentriques, afin de trancher dans le vif de ses transports passés, le cœur vague et serré de la mémoire.

 

Plus tard, l’interminable silence salvateur de l’attente (puisqu’il faudra stère !) libérera le corps de ses charançons égocentriques et de son affective écorce de rancoeurs retenues.

 

Alors, la sobre sagesse des bûches débarrassées de leurs échardes, attisera d’un souffle complice, l’ardeur des braises vives de la jeunesse à faire et à défaire l’histoire, dans le souvenir des cendres grisâtres offertes aux aquilons qui succèdent aux tempêtes.

 

Ainsi, dans la froideur salvatrice de la vie privée de sa raison d’être, les restes volatiles de l’arbre se délecteront de la lente décomposition nourricière du temps sur les racines solides du bosquet.

 

26/01/2021

Inscrivez vous

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Xavierb44 |
Eliphas Levi |
Laplumequivole |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | A la croisée des humains
| Toutpoeme
| Bradeley2004